La Bête du Gévaudan

 

La Bête du Gévaudan

2000002982373La Bête du Gévaudan reconstituée par un passionné. La reconstitution respecte les 31 mesures relevées sur le rapport d’autopsie du 20 juin 1767 © DR.

Des femmes et des enfants tués par une bête mystérieuse et sanguinaires. Des paysans terrifiés, la presse déchaînée et le roi qui s'en mêle.

Histoire 

Telle est l'histoire de la bête du Gévaudan, un mystère qui n'a jamais cessé de fasciner, du 30 juin 1764 au 19 juin 1767, entre 82 et 124 personnes furent victimes de la Bête du Gévaudan ! 

Attaques

Ces attaques eurent lieu dans un vaste territoire qui recouvre aujourd’hui les départements de la Lozère, du Cantal et de la Haute-Loire. 

Événements

Dès l’origine, ces événements vont prendre une ampleur considérable du fait d’une médiatisation internationale sans équivalents ! Des gravures de la Bête sont publiées partout, de Paris à San Francisco ! 

Éditoriaux

La fin de la guerre de Sept Ans laisse un vide béant dans les éditoriaux des gazettes, jusqu’à ce que la Gazette d’Avignon s’empare de l’affaire. Son rédacteur sut habilement broder autour des nouvelles assez lacunaires qui provenaient du terrain.

Protéger

Cette pression médiatique poussa le roi, Louis XV, à l’action. Discrédité par la perte du conflit, il doit affirmer sa capacité à protéger le Royaume.

Gévaudan 

Le Gévaudan est une ancienne province française située en Auvergne. Terre d'élevage, le Gévaudan se composait alors essentiellement de prairies et des Landes. Les attaques de loups y étaient fréquentes, parfois mortelles, mais n'émouvaient pas l'opinion plus que cela. 

Territoire

Loin d’être aussi boisé qu’aujourd’hui, ce vaste territoire se compose des Landes et de prairies de pâturage que ponctuent des bosquets et quelques maigres forêts (Mercoire, de La Tenazeyre, bois de Pommier…).

Bête

La Bête n’était pas un simple loup comme trop d’auteurs l’ont affirmé par facilité. Si les paysans ont spontanément parlé de Bestia, Bestiaou, Bestieu, Bestio, c’est bien que celle-ci se différenciait du loup ; des loups.

Victimes

Ils en voyaient au quotidien et ne pouvaient donc faire la confusion. D’ailleurs, la plupart des victimes n’étaient pas consommées ; la Bête tuait plus par jeu que par nécessité.

Animal 

Si la Bête n’était pas un loup, ni un homme agissant seul, la Bête était-elle donc un animal conçu par l’homme, ou introduit dans ce pays par celui-ci ? 

Question

La réponse à cette question mérite réflexion. Nous pensons que la Bête était sans doute une association diabolique mettant en jeu l’homme et un animal dressé à cet effet. 

Évidence

C’est même une évidence, une Bête seule n’aurait pu agir aussi longtemps sans être tuée, capturée, ou empoisonnée, elle dépendait étroitement de l’homme pour s’abriter, se nourrir et être soignée.Contrairement aux agissements des loups, qui eux vivent et chassent en groupe. 

Série

À noter aussi et c'est édifiant qu’aucune autre série de ce type, et imputable au loup, n’est signalée ailleurs dans le monde. 

Femme

Tout change pourtant en juin 1964 lorsqu'une femme vivant à Langogne est grièvement blessée alors qu'elle garde son troupeau. 

Témoins

Les témoins assurent que l'animal qui s'en est pris la malheureuse n'est pas un loup, mais un animal beaucoup plus imposant. 

Grosse

On évoque une bête aussi grosse qu'un âne, avec une mâchoire puissante et des dents acérées, un pelage gris et touffu teinté de rouge. Quelques jours plus tard, une adolescente est attaquée à son tour et succombe à ses blessures.

Attaques

Pendant trois ans, les attaques se multiplient et la créature tue entre 88 et 124 personnes. Les témoins assurent que l'animal qui s'en est pris la malheureuse n'est pas un loup, mais un animal beaucoup plus imposant.

Descriptions

Les descriptions de la bête se précisent, mais se teintent peu à peu d'attributs fantastiques. On évoque un loup gigantesque, mais la rumeur court que la créature pourrait en réalité être un homme croisé avec une bête, ou un homme cannibale vêtu d'une peau de bête. 

Peur

La peur gagne toute la région et les différentes battues organisées pour capturer l'animal ne donnent rien.

2000002982373Figure du Monstre qui désole le Gévaudan. Gravure sur cuivre de 1764-1765.

Affaire

L'existence d'une bête tueuse dans le Gévaudan aurait pu demeurer cantonnée à la rubrique des faits divers. Pourtant, l'affaire va prendre une ampleur nationale. La presse régionale se fait bien entendue l'écho des attaques et la Gazette d'Avignon va multiplier les articles.

Rédacteur

Peu importe, le rédacteur va broder autour de témoignages parfois peu fiables, extrapoler, échafauder des théories, les lecteurs se passionnent alors pour le mystère.

Célèbre

La bête du Gévaudan devient célèbre dans tout le pays, et même au-delà, les journaux allemands et britanniques lui consacrent également des dizaines d'articles. La pression médiatique est telle que Louis XV dépêche des équipes sur place pour tenter d'arrêter le massacre.

Influence

L’influence de la famille Choiseul ne doit pas être sous-estimée dans cette affaire. En effet, si le duc Etienne-François de Choiseul est le plus proche ministre du Roi, son cousin n’est autre que le comte-évêque de Gévaudan. Dans un texte resté célèbre sous le nom du « Mandement de l’évêque de Mende ».

Fléau

Ce dernier qualifie la bête de fléau divin et donne donc une dimension mystique à cette affaire. En tant que représentant du pouvoir temporel.

Évêque

l’évêque assure, par le biais de ses services, un suivi dans la traque, et l’envoi du porte-arquebusier du roi n’est sans doute pas étrangère à ses relations avec son cousin.

Battues

Au cours de cette période, de nombreuses battues furent organisées et parmi le grand nombre de loups éliminés, deux grands canidés furent tués.

François Antoine

Le premier par le porte-arquebusier François Antoine le 20 septembre 1765 au Bois de Pommier puis un second par Jean Chastel 19 juin 1767 à la Sogne d’Auvers, la mort de cet animal met un point final aux attaques dans la région.

Canidé

Le 20 septembre 1765 au Bois de Pommier, sur le domaine de l'abbaye royale des Chazes, le porte-arquebusier du roi François Antoine tue un grand canidé. La dépouille est disséquée et examinée, plusieurs survivants des attaques disent reconnaître l'animal. 

Versailles

Le corps de la bête est acheminé jusqu'à Versailles pour être empaillé et exposé dans les jardins du château. Pour le roi, l'affaire s'arrête là.

Accalmie

Mais dans le Gévaudan, après une accalmie, les attaques reprennent et la liste des victimes s'allonge... Il faut attendre le 19 juin 1767 pour que Jean Chastel, un enfant du pays, abatte un canidé de grande taille à la Sogne d’Auvers. Les attaques cessent cette fois.

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Battue

En juin 1767, le marquis d'Apcher mène une battue, sur le Mont Mouchet dans le bois de la Ténazeire, accompagné de quelques volontaires voisins, dont Jean Chastel, réputé excellent chasseur. Ce dernier, posté sur la Sogne-d’Auvert, près de Saugues, voit la Bête venir à lui. 

Immobile

Comme celle-ci reste immobile, Chastel épaule, vise et tire. La Bête est morte. Sa dépouille, chargée sur un cheval, est aussitôt portée au château de Besques, examinée, puis promenée dans tout le pays, avant d'être emmenée à Versailles. 

Putréfaction

La Bête y arrive dans un état de putréfaction avancée et est rapidement enterrée. Maigrement récompensé par le roi, Jean Chastel fut, en revanche, porté en héros, par tous les habitants de la province du Gévaudan.

Paix

La région retrouve la paix et l'histoire légendaire de l'animal traverse les siècles, inspirant écrivains et cinéastes. Mais si la bête du Gévaudan a bel et bien existé, sa véritable nature demeure encore, 300 ans plus tard, un mystère.

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